21/07/2009

Les bases du challenge "Survie 2009"

La mode est aux challenges et pour ne pas être en reste, j'aurais le mien.

Pour tout dire, c'est bien la première fois que je me fixe un quelconque objectif en matière de poker. Jusqu'à présent, mon rapport avec le poker ne s'inscrivait pas dans le temps ; je recherchais à chaque session le plaisir de remporter de gros pots, de faire de joli read, de faire croître ma modeste bankroll. Et puis si cela ne fonctionnait pas un soir, je remettais ça le lendemain sans plus d'état d'âme. Aussi, je pouvais rester des jours, des semaines et même des mois (c'est arrivé de mai à septembre l'an dernier) sans jouer. Entre vie de famille et vie professionnelle, j'ai assez peu de temps à consacrer au poker. Rarement le week-end (le temps de la sieste de la petite parfois ...) et tard le soir, lorsque tout le monde est couché, et encore plus souvent en hiver qu'en été où je ne rate pas une occasion de profiter des soirées ensoleillées. Ce n'est pas propice à un apprentissage rapide du poker, tu en conviendras.

Parce que je prends la chose qu'en même au sérieux et que je prends beaucoup de plaisir dans l'apprentissage de nouvelles activités (ça s'est vérifié avec les cours du soir, le snowboard et le golf hier, le tennis et le poker aujourd'hui), j'ai pris le temps de lire des ouvrages traitant du poker, certains meilleurs que d'autres, et de faire le tour des forums spécialisés. Pour le plaisir de lire certains auteurs talentueux, je passe aussi pas mal de temps à lire les écrits de nombreux bloggeurs francophones.

Et l'argent dans tout ça ? J'ai toujours considéré l'activité poker comme un divertissement, au même titre que le golf, le cinéma, la danse (...ben oui, ma femme sait être persuasive.). Ca rentre dans le budget loisir, et tout ces loisirs ont un coût. La première année, en 2007, le poker m'aura coûté l'équivalent d'un green fees d'un beau 18 trous, ou 2 green fees d'un 18 trous standard. Autant dire rien. En 2008, ... à quand même ... ok, c'est devenu le loisir le plus cher ; mais tout est relatif, puisque j'ai largement réduit l'activité golfique (de loin la plus onéreuse en 8 ans de pratique). Bref, le ratio temps passé/coûts reste largement attractif. En 2009, série en cours, j'y ai consacré un budget bien moins important que l'année dernière à la même époque mais encore trop pour quelqu'un qui commence à croire qu'il a un bagage technique lui permettant de commencer à devenir un joueur gagnant. Prétentieux ?, on y vient ...

Quand je regarde l'évolution de ma bankroll au cours de l'année 2009 (de loin la plus significative), il est facile de voir l'alternance de bonnes périodes (croissance régulière mais pas spectaculaire) et de périodes dévastatrices qui ne doivent rien à la variance. Pourquoi rien ? parce que le volume de jeu pratiqué est tellement faible que la variance ne peut expliquer à elle seule les chutes vertigineuses de la courbe. Les raisons sont à chercher ailleurs, du côté de la gestion de bankroll (ou plus justement l'absence de gestion ...) l'incapacité à se résoudre à ne plus jouer en HU ou en Omaha, variante que je ne maîtrise pas un brun (même après avoir lu un des rares ouvrages francophone consacré à cette variante ... ). Et tout cela n'est rien en comparaison des montants dilapidés les soirs de tilt. Vous connaissez le phénomène ? Mais si, un type part à tapis avec K9o et fait quinte runner-runner pour craquer votre paire de roi. Moins un buy-in. On relativise, et on recave. Chouette une paire de valet. Raise 3BB, un payeur. Flop 74V. Bet pot pour couper les côtes ( y deux carreaux évidemment). Payé. Turn, un brique. All-in (faut bien se refaire, je viens de perdre un BI je te rappelle). Payé. Q8s. Non ... River 4s ... si. Moins deux BI. Et c'est parti, recave ..perdu ... on monte de limite ... perdu ... on met le reste en HU ... encore perdu. Et je pars me coucher vert de rage, sommeil agité, rêve de baston, réveille avec un mal de crâne qui ne me quittera pas de la matinée. Quelques heures plus tard, je reload (même pas de bonus ...) et je repars dans de meilleurs dispositions, en jurant, tel maître Corbeau, que l'on ne m'y reprendra plus.

En définitive, mon rapport avec le poker n'est plus le même. Nous sommes en juillet et je ne suis pas encore parvenu à faire ma coupure estivale. Et probablement qu'elle n'aura pas lieu, slight addiction sir. Alors puisqu'il en est ainsi, autant faire les choses convenablement. D'abord couper les ponts, je change de room. Cashout des dollars ayant échappé au dernier tilt (tu vois bien que j'ai progressé, il y a peu de temps ceux-là y passaient aussi). Pourquoi changer ? l'attrait de la nouveauté sans doute (et accessoirement influencé par mon jeune frère qui performe joliment sur cette room depuis un an en SnG). Déposer le même montant que lors de mon premier dépôt en 2007 (30$) et inscrire mes objectifs dans le temps. Finir 2009 sans abonder mon compte, ne plus jouer en CG HU (le SnG est toléré), et essayer d'être à jeu sur l'ensemble de l'année (multiplier la BR par 5 en somme).

C'est ça les bases du challenge "Survie 2009".
Et ça commence ce soir.


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